Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /Fév /2009 08:52

Nombreux sont les métiers engendrés par la descente aux enfers de la société nationale d’électricité (SNEL). Parmi ces techniques plus ou moins révolutionnaires, le fameux et de plus en plus sollicité dispositif « multi prises » pour charger les batteries des téléphones portable. Inventé par les jeunes kinois patrons de cabines téléphoniques ambulantes, ce système fonctionne de manière autonome, utilisant exclusivement l’énergie générée par des groupes électrogènes.

« C’est une affaire qui marche Mira, plus que les simples appels téléphoniques », me confie l’air fier de lui, Lolo, un jeune débrouillard. Du carburant, ½ litre par jour et cent francs congolais par téléphone chargé, c’est vrai qu’avec le fonctionnement au ralenti de la SNEL, ça doit faire de la marge.

« Du domestique au ministre,  celui qui a un téléphone portable est obligé de recourir à mes services s’il veut utiliser son téléphone », ajoute le jeune, affichant désormais clairement sa préférence pour le manque d’électricité, moteur de son business. Ce qu’il oublie de mentionner c’est que nos ministres, particulièrement celui de l’énergie, ne manquent pas de moyens pour s’acheter les générateurs les plus puissants et du carburant pour les faire tourner. La population peut toujours aller crever.

Si une solution semble être trouvée pour les téléphones, il n’y en a pas encore pour les autres appareils électroménagers. Lorsqu’ils tombent en panne suite aux nombreuses coupures de courant, on ne peut même pas se plaindre. La SNEL a toujours raison ! Le pire c’est que le lendemain, des agents de la société passent déposer des factures, pour une fourniture qui n’est même pas assurée.

La SNEL a tout d’un mari qui entretient bien ses maîtresses en oubliant sa propre femme. Si l’obscurité est désormais l’amie des congolais, certains pays voisins qui dépendent de l’énergie provenant de la RDC n’en manquent pas.

Le pire c’est qu’il n’y a pas d’issue de sortie visible. Nous avançons lentement et sûrement vers un pays sans électricité.

                     ( www.congoblog.net)

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Par Horace
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 12:48

« Je ne comprends pas à quoi joue le gouvernement. Il y a à peine quelques jours, le chef d’état major général des FARDC a affirmé ne pas être au courant de l’entrée des éléments Rwandais dans notre pays. Peu avant lui, c’était Vital Kamhere, président de l’assemblée nationale qui se disait surpris. Personnellement je garde un très mauvais souvenir des antérieures présences de troupes Rwandaises au Congo. En 2003, j’ai été sérieusement battu par un militaire rwandais, simplement parce que j’avais refusé de dégager des pierres placées en barricade sur la route après des manifestations de protestation par rapport à leur présence. Maintenant, nos dirigeants les laissent revenir, je ne comprends rien. »  
Ça doit faire la quatrième fois que les troupes rwandaises entrent en RDC. Elles sont venues d’abord avec l’AFDL et elles sont arrivées jusqu’à Kinshasa en 1997 en laissant derrière elles les FDLR dans les provinces du Nord et Sud-Kivu. Ensuite, elles sont revenues avec le RCD en 1998 et ont occupé les provinces où se trouveraient les FDLR sans pour autant les neutraliser. Lors de la chute de Bukavu entre les mains de Laurent Nkunda et de Jules Mutebusi, elles étaient encore là. Récemment, elles ont été aux côtés du CNDP de Laurent Nkunda dans certains territoires du Nord-Kivu. Mais, les FDLR ne sont toujours pas neutralisées. Cela démontre clairement que l’armée rwandaise, chaque fois qu’elle entre au Congo, ce n’est pas pour traquer les FDLR mais bien pour une autre raison: exploiter nos richesses. »
« Je suis étonnée comme tout le monde d’ailleurs que notre gouvernement a accepté ce retour des Rwandais chez nous. C’est vrai, tout le monde veut que les Interahamwe retournent dans leur pays, mais ce qui est grave et qui étonne c’est qu’aucune mesure n’ait été prise pour sécuriser la population. Les autorités devraient informer la population et la prévenir de cette entrée. Le gouvernement devait ensuite déplacer les populations qui vivent dans des coins occupés par les Interahamwe vers des territoires plus sécurisés. Comme toujours, là où deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui souffre. La population sera encore massacrée et les femmes violées. C’est sûr que les FDLR vont réagir et c’est sur la population qu’ils se vengeron. Les jeunes seront encore une fois recrutés de force et soumis à l’esclavage. Nous devons avoir une armée qui soit capable de défendre l’intégrité du territoire et pour cela il faut mettre les militaires dans des bonnes conditions de vie et de travail. Et enfin, il faut la communauté internationale qui a fait enter ces Hutus au Congo s’implique encore pour les faire retourner chez eux sans verser le sang des congolais. »
 Je crois que cette nouvelle entrée des troupes rwandaises au Congo a été décidée très loin, en Occident, peut-être par OBAMA, le nouveau Président des Etats Unis d’Amérique. Tenez, 4 jours avant son investiture, les rebelles du CNDP déclarent la fin de la guerre. Le jour de sa prestation de serment, les troupes rwandaises entrent au Congo pour traquer aux côtés des FARDC les FDLR; c’est une nouvelle donne. Même certaines autorités congolaises comme le Président de l’Assemblée nationale, le Chef d’Etat major des FARDC ont avoué ne pas être informées de ce qui se passait. Je souhaite que pour cette fois-ci, l’opération conjointe aboutisse et que le Rwanda et la RDC, condamnés à vivre en voisinage, enterrent finalement la hache de guerre car le sang des Congolais innocents a trop coulé depuis 1996. »

                      Propos reccueillis par congoblog/ baleki


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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 09:40

 La récente guerre au Nord-Kivu a empêché la poursuite de l’année scolaire et fait fuir de nombreuses familles vers Goma. Beaucoup sont hébergées dans des écoles, où l'occupation des salles de classes et les traumatismes empêchent la tenue normale des cours. Surtout pour les élèves déplacés.

A l'Institut Uzima de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, c'est chaque matin le même rituel : des dizaines de familles quittent les salles de classes, tirant bagages et bétail, comme des locataires mauvais payeurs priés de vider les lieux. Les familles se retrouvent alors dans la cour de l'école transformée en cuisine de fortune. Dès le réveil, ces familles cèdent ainsi la place aux écoliers qui fréquentent régulièrement l'Institut. Tout au long de la journée, ceux-ci doivent supporter l'odeur nauséabonde des urines, ce qui ne facilite pas leur concentration en classe. La sœur préfete n'en peut plus : “Nous utilisons les mêmes latrines, alors qu’il n’y a pas suffisamment d’eau pour le nettoyage”. Les conditions d'hygiène déplorables font craindre le pire, comme la propagation d’une épidémie de choléra.
Plusieurs semaines après leur arrivée en ville, les élèves déplacés, même accueillis dans les écoles, sont toujours confrontés à une situation dramatique en raison de ce qu’ils ont vécu. Les autorités locales n'ont prévu aucune mesure pour organiser leur intégration. Aucune initiative non plus pour assurer la reprise des activités scolaires. L'encadrement pédagogique fait défaut, les enseignants déplacés ne percevant plus leurs salaires. Dans ces conditions, certains élèves déplacés redoutent une année blanche.

La guerre laisse des traces
Gentille Silukanga et Samy Kavalya, tous deux élèves déplacés inscrits à l’institut Visoke, n'arrivent pas à s'adapter aux enseignements et aux autres élèves. “Certains enseignants nous traitent de villageois, expliquent-ils. Nous sommes pour l'instant sans documents mais dès que la vie reprendra son cours normal, nous retournerons chez nous pour étudier“, ajoutent ces finalistes des humanités secondaires. Pour l’instant, malgré les événements militaires récents comme l’intégration de rebelles à l’armée congolaise, on n’en est pas encore là.
Longtemps, la présence des rebelles aux portes de la ville a été source d'inquiétude et de stress pour beaucoup d'élèves. “La guerre a des conséquences psychologiques sur les enfants. Certains affichent de la retenue tandis que d'autres sont plutôt agressifs, surtout ceux qui ont été enrôlés dans l’armée”, regrette Kambere Malunga, directeur de l’école primaire Mabanga.
Les élèves déplacés sont en effet désemparés et traumatisés par ce qu'ils ont vécu pendant la guerre, et cela ne disparaît pas en quelques jours. “Ce n’est pas facile, surtout pour un élève qui a vu un homme armé tirer sur les siens, d'assimiler certaines leçons comme l’éducation civique, où l’on évoque le rôle de l’armée et de la police”, révèle Kambale Sindani, enseignant de la même école. Selon lui, par une approche active et participative, on peut changer l'image que les enfants ont des soldats, en leur démontrant que ceux qui ont commis des exactions pendant la guerre sont plutôt des militaires sans instruction. Le travail en groupe facilite l'adaptation des élèves déplacés qui, grâce aux relations d'amitié qui se nouent, arrivent à oublier les horreurs de la guerre.

Une lueur d'espoir
Hormis le stress et la peur, les élèves doivent également faire face à d'autres difficultés liées à leur scolarité ou aux perturbations dans les activités scolaires. Pour les jeunes qui ne vont plus à l'école, la rue devient une tentation et un refuge, mais aussi le royaume de l'analphabétisme et de la délinquance.
La situation a commencé à changer pour les enfants déplacés venus de Rutshuru. Un comité mis en place par les enseignants de là-bas et ces jeunes se réunit deux fois par semaine pour recenser les élèves déplacés. Il interpelle les autorités en vue de leur intégration gratuite dans les écoles de la ville, ainsi que pour l’obtention d'une assistance matérielle en leur faveur. Monsieur Boniface, responsable du comité, a récemment adressé une requête au Ministère provincial de l’Education, pour solliciter la prise en charge de 221 élèves déplacés déjà enregistrés par son comité. Pour l'instant, les promesses du Ministre tardent à se concrétiser.

                             (Syfia Grands Lacs/RD Congo)
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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 09:27

A quelques cinquante mètres du stade Lumumba dans la ville de Kisangani, s’est implanté, sous l’ombre d’un manguier, le bureau administratif du quartier du stade de la commune Tshopo. Ce bureau sans porte ni fenêtre, bref sans bâtiment, est bel et bien celui de l’Etat et le lieu de travail d’une autorité : le chef de quartier qui sert de pont entre les habitants de son quartier et le Bourgmestre de la commune. Retour aux pratiques ancestrales, les conflits de voisinage et autres dossiers sont traités à l’ancienne, sous un arbre.

Une pancarte placée sous le manguier indique qu’il s’agit bien d’un bureau administratif. En cherchant à m’entretenir avec les agents trouvés sur place sur l’état et le fonctionnement de ce bureau, c’est une fin de non recevoir qui m’accueille. « Allez poser des questions au bourgmestre. Notre installation en ce lieu est une mesure salutaire. Fallait-il que nous restions chez nous parce que le bureau n’a plus de bâtiment ? Qui allait nous payer ?», me lancent-ils.

Bien que j’entende souvent parler de la restauration de l’autorité de l’état dans les discours, je suis surpris de voir que dans la troisième ville de la République Démocratique du Congo, pays souvent qualifié de  scandale géologique, l’Etat n’est pas capable de bien installer ses agents.

A l’heure où nous cheminons vers la décentralisation, j’espère que des mesures seront prises pour éviter que certaines des entités décentralisées se retrouvent sans infrastructures, à l’image de ce bureau administratif à Kisangani.


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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 09:10

Violences, viols, guerres et misère. C’est l’image qui colle à la ville de Goma et la province du Nord-Kivu depuis plus d’une décennie. En dehors de cette image, classée dans les oubliettes, la chaîne volcanique de Virunga est située à juste quelques kilomètres au Nord de la ville. Parmi ces volcans, certains sont en activité. Je fais allusion à Nyamulagira et Nyiragongo. On les appelle ici : “les voisins de toujours”.

Depuis un certain moment, selon un communiqué diffusé sur les ondes de la radio nationale, l’observatoire volcanologique de Goma, fait savoir que le volcan Nyamulagira était en “intense activité “. C’est à dire, une éruption est imminente.

Bien que la ville de Goma ne soit pas directement menacée, tout le monde s’y prépare. Face aux éruptions volcaniques et aux dégâts qu’elles entraînent, chacun a sa théorie. La plus folle, c’est celle d’un de mes voisins, un vieillard qui a vécu plusieurs éruptions. « Les ancêtres sont mécontents, il faut trouver un moyen de les calmer », affirme-t-il. Le vieux va jusqu’à qualifier de maudit le quartier Office, le plus touché lors de l’éruption du Nyarangongo du 17 janvier 2002. « Ce quartier a été totalement rasé et englouti par la lave à cause de la prostitution, des vols, escroqueries, et autres dépravations de mœurs qui y avaient élu domicile. Cela ne plaisait plus aux ancêtres,  d’où la décision de le nettoyer », soutient-il.

Suivant le raisonnement de ce vieux voisin, je me pose une question : Si ces ancêtres existent réellement et s’ils peuvent punir ceux qui se comportent mal , pourquoi n’interviennent-il pas afin d’alléger un tant soit peu la souffrance de cette population ?

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